On néglige des fois la place que quelqu’un peut prendre dans notre vie. Si je prends l’exemple de mon coloc Eugène, c’est une relation qui s’est développée instantanément. Comme si tous les deux, on s’attendait chacun de notre bord.
Souvent, ce genre de relations s’établie lorsque l’on vit une passe difficile et qu’on recherche du réconfort dans tout ce qui dégage de la chaleur humaine (et de l’alcool). C’est précisément au moment où on s’aime le moins que l’on rencontre la perle rare, cette personne qui vient faire toute la différence (et surtout la seule qui est encore capable de nous endurer dans notre interminable déprime).
Cette personne-là, c’était Eugène.
Eugène est présent. Patient. Compréhensif. Complice. Drôle. Beau. Vraiment très beau.
Il est ce genre de personne qui attire l’attention, qui prend de la place et que tout le monde aime.
Moi, je l’aime.
C’est drôlement étrange de partager son quotidien avec quelqu’un d’autre. On n’a pas le même train de vie, on se tape parfois sur les nerfs et on n’a pas le choix de s’endurer. Étonnement, on finit toujours par accepter nos différences et nos défauts: on s’habitue à l’autre et il devient partie intégrante de notre décor quotidien. Il finit par se développer un lien si fort qu’une séparation devient inconcevable, comme si on était toujours venue en paquet de 2.
Je crois qu’il est tabou de dire que l’on est attaché à quelqu’un ou quelque chose. Comme si on ne pouvait pas aimer au point d’avoir une envie profonde d’être en la compagnie d’une personne à laquelle on tient (et le verbe aimer ici est utilisé au sens le plus large du terme). Avec nos styles de vie effrénés, nos relations d’amitié, d’amour et de sexe sont comme des plats réchauffés: vite faits, nous laissant un goût amer dans la bouche, et rarement très satisfaisants.
C’est en prenant du recul des fois, que je finis entre deux gorgées de cosmo par dire à mes meilleurs amies: hey, tsé quoi, jtaime.
Pour de vrai. Jtaime. Pis jveux que tu le saches.
C’est intense, c’est un peu débile, mais c’est beau.
Ps. Je dédie cet article à Béatrice, Virginie et Mélissa – Je vous aime tsé.
PPs. Eugène, c’est bel et bien un chat.